Dorothy Rhau mise à nue… littéralement

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Je ne me rappelle pas avoir ri autant lors d’une entrevue. Quand j’ai rencontré Dorothy Rhau dans ce nouveau petit chic restaurant (Diolo) sur la rue Duluth à Montréal), elle était en béquilles… oui, elle s’était fracturée une jambe en jouant au basket pour l’organisme “Pour 3 points”. Durant le moment passé avec elle, je me suis étouffé  (à deux reprises en buvant) et plus d’une fois, j’ai du reprendre ma concentration pour passer à travers mes questions, tellement je m’esclaffais. Voyez-vous, il y a des professionnels qui font de l’humour leur métier, et bien, pour Dorothy Rhau, faire rire les gens est une façon de vivre. Que ce soit, lors d’un défilé, là assis dans ce restaurant ou dans une rencontre par hasard sur un coin de rue, il est impossible de lui parler sans qu’un sourire ne se dessine sur notre visage. Finalement, j’ai quand même pu lui poser toutes mes questions et dans les pages suivantes, je vous invite à mieux la connaitre et qui sait… à rire un peu!

Pourquoi es-tu aussi niaiseuse?

[Rires] Ah c’est tellement drôle que tu me dises ça parce que je me rappelle, malheureusement, mon frère est décédé, mais quand je lui ai annoncé que je me lançais en humour, il m’a dit: «T’es tellement niaiseuse que je ne suis même pas surpris! ». J’ai pris ça comme un compliment. Mais franchement, je pense que c’est de l’autodérision. Premièrement, il faut que je te dise que dans ma famille surtout, en fait des deux côtés : paternel et maternel, j’étais la première fille. Chaque jour, je me faisais emmerder par mes cousins, mais je riais tout le temps, donc eux, ça les énervait parce que je riais. Quand ils me taquinaient, je me disais ben non mais c’est tellement drôle que je suis obligée de rire. Pour moi c’est le fun, je vais le réutiliser pour quelqu’un d’autre. Donc, je pense que déjà là, j’ai eu la piqûre.  De plus,

…il y a mon père qui m’appelle, affectueusement, “ma vache”. [Rires]. Non mais mon père, il est grave hein? Quand nous rentrons dans sa voiture, ma sœur et moi, il nous dit toujours: « Assoyez-vous chacun d’un côté pour ne pas « débalancer » la voiture ».

Donc ça a commencé comme ça et je pense que j’ai continué ainsi. Mais au début c’était dans la famille ou bien avec les amis très proches, parce qu’à l’extérieur, les gens ont toujours vu mon petit côté “blé entier”. Tu vois? Très sérieuse, (ti moun byen elve).

Quand as-tu décidé de transférer ça de la famille au publique?

Quand est-ce que je suis sortie du placard?

[Rires] Exactement!

Ah écoute ça fait trois ou quatre ans. À un moment donné, j’en avais assez, j’avais trente-sept ans, une vie professionnelle, j’étais conseillère aux ressources humaines et je n’étais plus en couple. Donc, je me suis regardée et je me suis dit : « Dorothy ou bel ti mou’n (tu es jolie) et tu n’as pas peur du ridicule, alors monte sur scène ». C’est à ce moment que j’ai été à l’École nationale de l’humour et j’ai pris un cours d’écriture. Après ça, je me suis dit « C’est pas assez. Faut que j’aille prendre le cours de présentation de numéro  » (comment faire du stand-up) et le 6 avril 2010 a été mon baptême de consécration et depuis… je suis là! Comme je dis toujours : « Je suis là pour rester! ».

Le 6 avril 2010 était ta première fois sur scène, c’était comment?

C’était avec l’école où je prenais mon cours de présentation de numéro, on est monté sur scène et c’est ce numéro qu’on voit sur Youtube, sur le Dada.[Rires]. C’était magique et c’est toujours magique et surprenant quand tu entends les gens rire de tes blagues.

Tu en as fait du chemin en 4 ans.

Oui oui, ça été une belle année et aussi je dois mentionner, un parcours parsemé de rêves. Moi je rêvais d’aller en Afrique, le premier pays dont je rêvais, c’était d’aller au Sénégal. Ça s’est concrétisé l’année passée, quand j’y suis allée dans le cadre du Dakar Fashion Week avec Adama Paris. Je rêvais aussi de faire un jour de l’humour en Haïti. J’avais même mentionné dans un journal que je souhaitais un jour en faire devant le Président Michel Martelly. À ma grande surprise, j’étais invitée par Florence Jean Louis Dupuis à participer à son stand-up ladies au mois de décembre avec d’autres comédiennes dont Christina Guérin, Cynthia Jean-Louis, Gaëlle Bien aimé, Myriam Charles et Florence. La première représentation au mois de décembre a été un succès! Pour février, on m’a demandé de revenir.  La troisième fois au mois d’avril, on était honoré, c’était une commande spéciale de la part du Président. Donc, comme on dit, il a entendu à travers « les feuilles de banann » (bananiers). [Rires]

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