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Élu de l’arrondissement et de la communauté

LE DÉBUT
Pour Frantz Benjamin, être élu signifie avant tout être au service des gens, de les servir au meilleur de ses compétences et capacités. Son implication citoyenne a débuté très tôt avec des collectifs de réflexion sur des enjeux interculturels, des actions sur des questions de lutte contre l’exclusion et toute autre forme de discrimination. Il s’est vu offrir son premier mandat en tant commissaire scolaire en 1998 à la Commission scolaire de la Pointe-de-l’Île de Montréal. Après trois mandats comme élu scolaire à Rivière-des-Prairies, il décide de faire le saut au municipal et  en est aujourd’hui à son troisième mandat en tant que Conseiller de la Ville – District de Saint-Michel de l’arrondissement de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension.

Élu de l’arrondissement… Et de la communauté!
Tous les élus appartenant à des groupes minoritaires vivent la même chose, qu’il soient noir, asiatique, arabophone, ils sont non seulement l’élu de leur arrondissement mais aussi l’élu de leur communauté. « C’est comme un second réflexe, les gens vont faire appel à toi en pensant que je suis à même de comprendre leur situation. Parfois des gens qui ne sont même pas de mon arrondissent font appel à moi ! », nous dit Frantz en souriant. De son côté, il les redirige le mieux que possible.  « Avant d’être élu, j’ai passé plusieurs années au niveau du service à la clientèle. Pour moi, il ne faut jamais laisser un citoyen ou un citoyenne repartir les mains vides. Si je ne suis pas dans la possibilité de l’aider directement, je dois m’assurer de la référer aux bons endroits où il/elle va avoir l’information nécessaire par rapport à sa démarche. »

PASSION ET PERSÉVÉRANCE
Parmi les multitudes de qualités, de talents et parfois même de défauts qu’on a besoin pour voir aboutir nos rêves, il y a deux choses qui, selon M. Benjamin sont très importantes. Ce sont la passion et la persévérance.

« Je pense que dans la vie, on a besoin de s’accrocher à une passion ou à un rêve. Chaque jour, je rencontre des gens, des jeunes en particulier, passionnés qui ont un rêve. Peu importe le champ de ce rêve, qu’il soit en politique, dans le domaine de la culture ou en technologie ou sport, il faut s’y accrocher. »

Pour ce qui est de la persévérance, parfois c’est l’entourage qui rend la chose difficile, son  conseil : Fuyez-les !

« Peu importe le domaine que vous choisissez, vous allez rencontrer des embûches, des obstacles et l’important pour vous, c’est de ne pas faillir, de ne pas défaillir. Essayez de rentrer en contact avec des personnes positives, qui vont être là pour vous appuyer et vous accompagner. Fuyez les énergies négatives, fuyez les comme la peste ! »

VISION OPTIMISTE POUR L’AVENIR DE LA COMMUNAUTÉ NOIRE.
« Je rencontre des jeunes des communautés noires bourrés de talents, et moi je suis très optimiste par rapport l’avenir des communautés noires, des jeunes en particulier. Je rencontre des jeunes qui mordent à pleines dents dans leurs projets et dans leur avenir et ça c’est de bonne augure. La communauté noire à été longtemps morcelée sur le plan linguistique, sur le plan des origines, de plus en plus je constate qu’il y a des passerelles, des ponts et je vois que les communautés noires travaillent de plus en plus ensemble. Il n’est pas rare de rencontrer dans des événements des jeunes de diverses communautés, qu’il soit Antillais, Africain, Haïtien ou anglophone. »

L’ENJEU
« À côté de ceux et celles qui réussissent, il faut aussi avoir un intérêt pour ceux et celles qui ont plus de difficultés parce qu’il y en a… »

Plusieurs de nos jeunes ont de la difficulté, que ce soit au niveau de la réussite scolaire, ou de l’intégration socio-économique sur le marché du travail. Par exemple des diplômés qui n’arrive pas à intégrer le marché du travail.

« L’exemple que j’ai en tête, c’est cette jeune femme qui à une maîtrise en administration des affaires. Tous ces collègues non noirs sont sur le marché du travail sauf elle… »

Frantz constate encore des obstacles pour beaucoup de jeunes de nos communautés et insiste sur le fait qu’il ne faut pas avoir la tête dans le sable, il faut garder en vue cette question-ci : les obstacles systémiques par rapport à l’intégration socio-économique des jeunes des communautés noires.

« Encore aujourd’hui, le taux de chômage chez les jeunes des communautés noires est beaucoup trop élevé, c’est presque le double que pour la moyenne québécoise et ça c’est une statistique qui doit nous inquiéter et nous alerter sur l’urgence d’agir. »

D’ICI SEPT ANS
Sept ans, c’est très long dans la vie de quelqu’un. De son côté, Frantz espère qu’il sera en pleine forme et en santé, entouré de gens qui l’aime et qu’il aura encore la tête plein de rêves et de projets pour sa ville, pour son pays, le Québec et le Canada mais avant, tout pour les citoyennes  et citoyens de ce pays.

« Nous avons la chance de vivre dans un pays où il y a beaucoup d’opportunités, mais il faut s’assurer que ces opportunités là puissent être distribuées justement, que l’équité ne soit pas juste une valeur mais une réalité. »

Une égalité des chances plus concrète et plus véridique pour différents groupes, c’est ce que l’élu veut avant tout mettre de l’avant. Frantz insiste sur fait qu’il ne s’agit pas seulement de la communauté noire, il y a d’autres groupes faisant partie de la diversité qui se retrouvent marginalisés et parfois ostracisés…

« Nous avons besoin que nos luttes soient des luttes solidaires. Nous ne pouvons pas nous battre seulement pour les communauté noires. Comme le dicton de Martin Luther King : Une injustice ici est une injustice partout. Peu importe la forme d’injustice, il faut la combattre. »

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Ce texte à été publié dans la version imprimé du magazine Souche en automne 2017.
Par Réginald RivetteÉditeur

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